Casques

8 juillet 2016

Essai casque Shark Evo-One

Essai casque Shark Evo-One

L’appoint pas encore au point ?

Il est beau, il est original, il est très bien équipé, bref il a tout pour plaire et pour être une star. A première vue. Le Shark Evo-One réserve pourtant bien des surprises, comme nous avons pu le constater. Et pas seulement de bonnes…

Tout pour plaire !

Aérodynamique et élégant, le Shark Evo-One ne manque pas de qualités. Oui, mais...

Aérodynamique et élégant, le Shark Evo-One ne manque pas de qualités. Oui, mais…

Il va falloir être diplomates… Attendu comme le messie, le Shark Evo-One prend la suite de l’Evo-Line dans la lignée des casques modulables originaux et haut de gamme. Après six mois d’utilisation et des milliers de kilomètres parcourus, voici notre test complet. Si, en France, on n’a toujours pas de pétrole, on a encore des idées. De là à savoir si elles sont toutes bonnes, je me suis plusieurs fois posé la question lors du test de ce casque… De prime abord, l’Evo-One est on ne peut plus séduisant, avec sa ligne sportive, son petit aileron stabilisateur ou encore sa décoration des plus sympa. La qualité perçue est excellente, tout comme les arguments marketing (sur le papier). Le Evo-One ressemble ainsi à s’y méprendre au casque parfait, avec sa grande modularité, son équipement complet, la possibilité de le porter avec des lunettes, sans oublier son écran solaire interne de qualité.

Il est homologué en tant que Jet et Intégral, ce qui ne gâte rien. La qualité de la coque externe et de la mentonnière sont perceptibles, tandis que les plastiques inférieurs nous sont apparus robustes, tout comme la collerette anti-froid favorisant également l’enfilage. On ne redoutera donc pas trop de poser son casque sur sa base : ça vieillit plutôt bien !

… Au moins un mois !

La largeur du Evo-One le handicape sérieusement pour se loger dans des valises ou sous une selle... c'est le corollaire du mécanisme inhabituel !

La largeur du Evo-One le handicape sérieusement pour se loger dans des valises ou sous une selle… c’est le corollaire du mécanisme inhabituel !

Meilleur que le Evo-Line, sans équivoque possible, le Evo-One propose un look des plus plaisant et des plus sportif pour un modulable, mais un poids toujours élevé (1690 grammes vérifiés sur la balance en taille M), au vu de ce que l’on peut trouver sur le marché actuellement. et ce, malgré une réduction importante du volume global de ce modulable ! Pour autant, les masses sont bien mieux réparties, y compris une fois la mentonnière relevée. Cette dernière bénéficie d’une cinématique de platine et d’écran originale. Un mouvement complexe et pas toujours évident à effectuer, requérant quelques précautions d’usage. Un mouvement obligatoire également, l’Evo-One s’enfilant exclusivement mentonnière ouverte (et se serrant avec une boucle micrométrique très agréable et au verrouillage automatique). L’opération est spectaculaire, et a probablement nécessité une conception poussée.

Une ouverture de mentonnière simple et bien maîtrisée : on tire sur le curseur rouge de la mentonnière, qui pousse l’écran, avant que la cinématique ne l’emmène en position haute tandis que la mentonnière passe au dessus, avant de s’arrêter à l’arrière du casque. Simple, non ? Pour le mouvement retour, on pousse sur le haut de la mentonnière, qui revient tout simplement en place et se verrouille. Enfin quand elle le fait correctement. C’est qu’il faut parfois recommencer plusieurs pour fois bien descendre et/ou verrouiller : la cinématique bugue occasionnellement… Petit conseil en passant : le pouce à l’intérieur de l’écran principal, on le tire un peu et il ne fait plus subir son crantage des plus sonore.

Une histoire de colle et de conception…

Non... Sur un casque à 60 €, on peut dire qu'on a ce que l'on paye. Mais sur un casque à 400 €, c'est inadmissible au bout de deux semaines...

Non… Sur un casque à 60 €, on peut dire qu’on a ce que l’on paye. Mais sur un casque à 400 €, c’est inadmissible au bout de deux semaines…

Dommage que les joints d’écran n’assurent pas un cachou.
1) Le joint supérieur n’est pas étanche à l’eau : ça ruisselle !
2) ce même joint supérieur accroche l’écran anti-buée PinLock Max Vision (de grande taille) fourni et le détériore.
3) Le joint de mentonnière est collé… avec une mauvaise colle.
Résultat ? Il s’arrache du fait de la manipulation du mécanisme de la mentonnière… On a vu plus agréable et mieux fini. Tant qu’à aborder les points perfectibles, continuons avec l’excellente bavette néoprène escamotable. Très efficace, elle coupe de l’air, du froid et des parasites sonores lorsqu’elle est rabattue au moyen de sa tirette de rigidification cousue. D’où la question suivante : pourquoi avoir simplement collé (avec une mauvaise colle, encore) l’aimant la tenant en place à l’intérieur de la mentonnière, qui s’est barré en vitesse ? Sur du néoprène, il ne faut pas être sorti de la cuisse de Jupiter pour savoir que ça ne tiendra jamais…

Résultat ? Impossible de la remettre à l’intérieur du casque, une opération pourtant imposée pour relever la mentonnière. Enfin, dernier écueil concernant l’Evo-One : l’aluminium est un très beau matériau, mais l’on sait bien que ce n’est pas le plus résistant. Alors pourquoi en avoir placé aux parties stratégiquement exposées aux coups/chocs que sont les flancs arrière latéraux de la mentonnière et sur le rail central du mécanisme de l’écran solaire interne ? « Parce que c’est joli ». Bon, d’accord. « Parce que ça fait classe ». OK. Mais bon sang, quelle drôle d’idée, parce que c’est FRA-GI-LE ! Du coup, l’écran solaire coulisse mal et les arêtes des superbes pièces latérales sont régulièrement lésées. Même lorsqu’on le transporte dans un sac protecteur (ce que j’ai fait…au départ). Au fait, dernier point : attention à l’humidité, elle décolle les décorations… Ça fait mauvais genre quand ça s’imbibe, que ça cloque et que ça se déplace… Mais c’est sûrement écolo…

Attention à la casse

Shark a soigné la finition visuelle du Evo-One, entre les platines en aluminium et cet aileron. Toutefois, les multiples élémnets externes peine à contenir le volume sonore.

Shark a soigné la finition visuelle du Evo-One, entre les platines en aluminium et cet aileron. Toutefois, les multiples élémnets externes peine à contenir le volume sonore.

Parlons de l’écran principal. Très rigide, ce dernier bénéficie d’un excellent traitement optique, mais se révèle fragile…lui aussi. Attention lors du montage du PinLock : c’est l’anti-buée qui doit ployer, et non l’écran principal. Ce dernier peut sinon se fendre et casser (nombreux cas référencés au point que Shark a mis en ligne une vidéo explicative). Les contraintes sur l’écran (type petite chute du casque), provoquent également de micro-fissures. Heureusement que ledit écran n’est pas trop complexe à remplacer. Pour ce qui est de la qualité, l’Evo-One apparaît plus que valorisant. Les mousses sont à la fois souples et confortables, et leur revêtement très agréable, peu salissant et résistant à une barbe de plusieurs jours. Les oreilles sont couvertes, et les sons sobrement filtrés. En résulte un casque à l’intérieur douillet, même si les mousses restent fermes dans la durée. Dommage que côté « bruit » de roulage, passé les 90 km/h sur un roadster, le Evo-One soit aussi sonore.

Autant dire que rouler durablement au delà de 110 km/h impose une paire de bouchons d’oreilles. L’aérodynamisme n’est pas à incriminer, car le Evo-One fait montre d’une excellente stabilité dynamique ! Il se fait même rapidement oublier, mais est sensible niveau bruit aux remontées d’air, malgré la collerette des plus performantes. En agglomération, rouler mentonnière relevée et écran principal descendu est agréable, tandis que rouler simplement avec l’écran solaire peut être apprécié à basse vitesse.

L'intérieur est douillet et confortable. La bavette à rétractation automatique est une bonne idée, son aimant...moins.

L’intérieur est douillet et confortable. La bavette à rétractation automatique est une bonne idée, son aimant…moins.

J’ai quoi qu’il arrive énormément apprécié l’Evo-One lors de l’essai « trialisant » de la Montesa 4Ride : un régal. D’une manière générale, l’Evo-One est agréable lorsque l’on dispose d’un saute-vent ou d’une bulle, alors qu’il s’accommode bien moins d’un deux roues sans déflecteur avant. Un casque GT-Urbain par excellence. Preuve que le plus peut être l’ennemi du bien, l’Evo-One souffre paradoxalement de l’accumulation de fonctionnalités et de bons points théoriques, à l’image de l’originale double aération à double ouverture de la mentonnière. A l’intérieur, on ouvre ou on ferme l’écoutille d’air au moyen d’un curseur contrôlant le flux interne réparti sur l’écran. Un excellent moyen de contrôler les turbulences et de réguler la puissance de l’air. L’entré d’air extérieure, à unique cran d’ouverture, est quant à elle dirigée sur le bas du menton.

Un ensemble rafraîchissant que l’on peut compléter par les deux aérations supérieures bien plus ciblées sur le haut du crâne. La manipulation est fastidieuse, mais le résultat est là.

L’Evo-One est un bon casque, que seuls des soucis de collage de joints divers ont réellement pénalisé lors de cet essai. Si sa mentonnière escamotable est son principal point fort, elle est aussi son talon d’Achille niveau finition. On lui pardonnera volontiers au vu de sa prestation générale, tout en restreignant son utilisation à la belle saison, quand on a envie de prendre l’air au sens propre comme au sens figuré. Alors oui, j’ai pu râler contre la finition du Evo-One, mais elle pourra toujours évoluer, je continue cependant de l’utiliser pour son extrême polyvalence, tout en évitant de le sortir lorsque je sais que le roulage sera pour le moins sportif ou lorsque je prends un roadster… Il en sera sûrement de même pour vous si vous êtes un gros rouleur : un excellent casque d’appoint, même au prix fort…

ON AIME : ON N’AIME PAS :
+ Le look toujours réussi ! – Les joints qui se décollent au bout de 2 semaines d’utilisation…
+ Le système de mentonnière efficace et pratique – Les inserts aluminiums fragiles
+ Les bons angles de vision – La finition globale pas encore au niveau requis
+ L’excellente stabilité

 

FICHE TECHNIQUE

Casque modulable à calotte en résine thermoplastique injectée, deux tailles de calottes, intérieur en tissu démontable, lavable et anti-bactérien, écran à système autoseal et démontage rapide, lentille anti-buée Pinlock MaxVision, écran solaire interne UV380, Shark Easy-Fit, mentonnière à système auto-up et auto-down automatique, bavette anti-remous, jugulaire à boucle micrométrique. Emplacement prévu pour système de communication Sharktooth.
Du XS (53-54) au XL (61-62) en 3 coloris unis (Blanc, Noir et Noir mat) et 2 décorations (Krono et Astor) de 4 coloris chacune.
Poids : 1 650 g annoncés, 1 690 g vérifiés en M.

TARIF

Casque : 429,99 € dans cette version déco (à partir de 399,99 €)
Écran : n.c.

NOTES

Finition : 5/10
Équipement : 9/10
Enfilage : 9/10
Port de lunettes : 10/10
Manipulation ventilations : 7/10
Manipulation écran : 9/10
Confort acoustique : 5/10
Champ visuel : 8/10
Étanchéité : 5/10
Rapport qualité/prix : 6/10

NOTE GLOBALE

7,3/10

Photo : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontaineLes ventilations supérieures se manipulent sans trop d'efforts et semblent solides. Photo : Benoît LafontaineLes ventilations supérieures se manipulent sans trop d'efforts et semblent solides. Photo : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontaineLa tirette de l'écran solaire, sur le sommet du casque, est entourée d'une belle - mais fragile - platine en aluminium. Photo : Benoît LafontaineShark a travaillé le design et l'aérodynamique du Evo-One, comme en témoigne ce petit aileron. Photo : Benoît LafontaineShark a travaillé le design et l'aérodynamique du Evo-One, comme en témoigne ce petit aileron. Photo : Benoît LafontaineLes verrous de la mentonnière sont en métal. Photo : Benoît LafontaineLe système est complexe ! Photo : Benoît LafontaineLes platines latérales, très belles, sont fines et particulièrement exposées. gaffe aux impacts ! Photo : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontaineIl suffit d'appuyer sur le bouton rouge pour permettre la rotation de la mentonnière. Ça et un peu d'huile de coude, parfois... Photo : Benoît LafontaineIl suffit d'appuyer sur le bouton rouge pour permettre la rotation de la mentonnière. Ça et un peu d'huile de coude, parfois... Photo : Benoît LafontaineLe système soulève automatiquement l'écran de quelques millimètres, pour amorcer la rotation. Photo : Benoît LafontaineLe système soulève automatiquement l'écran de quelques millimètres, pour amorcer la rotation. Photo : Benoît LafontaineLe système soulève automatiquement l'écran de quelques millimètres, pour amorcer la rotation. Photo : Benoît LafontaineLa prise d'air externe de la mentonnière est simple et efficace. Photo : Benoît LafontaineLa prise d'air externe de la mentonnière est simple et efficace. Photo : Benoît LafontaineLa bavette se rétracte automatiquement en venant se fixer via des aimants. intelligent ! Mais mal mis en œuvre, l'aimant de la bavette ayant mis les voiles rapidement... Photo : Benoît LafontaineLa bavette se rétracte automatiquement en venant se fixer via des aimants. intelligent ! Mais mal mis en œuvre, l'aimant de la bavette ayant mis les voiles rapidement... Photo : Benoît LafontaineLa bavette se rétracte automatiquement en venant se fixer via des aimants. intelligent ! Mais mal mis en œuvre, l'aimant de la bavette ayant mis les voiles rapidement... Photo : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontaineL'intérieur de la mentonnière est doté d'autres ventilations que l'on peut ouvrir ou fermer. Photo : Benoît LafontaineL'intérieur de la mentonnière est doté d'autres ventilations que l'on peut ouvrir ou fermer. Photo : Benoît LafontaineL'intérieur de la mentonnière est doté d'autres ventilations que l'on peut ouvrir ou fermer. Photo : Benoît LafontaineL'intérieur de la mentonnière est doté d'autres ventilations que l'on peut ouvrir ou fermer. Photo : Benoît LafontainePratique, l'écran possède des points de manipulation des deux côtés. Main gauche, ou main droite, comme bon vous semble ! Photo : Benoît LafontainePratique, l'écran possède des points de manipulation des deux côtés. Main gauche, ou main droite, comme bon vous semble ! Photo : Benoît LafontaineLe point noir du Evo-One, la faiblesse de ses joints. Non seulement ils ne sont pas parfaitement étanches, mais ils sont en plus mal fixés ! Vraiment navrant pour un casque à 400 €... Photo : Benoît LafontaineL'intérieur est doté de mousses confortables et denses. Photo : Benoît LafontaineLa jugulaire fait appel à une boucle micrométrique. Photo : Benoît LafontaineLe tour de cou vient au plus près de la peau, un bon point pour l'isolation. Photo : Benoît LafontaineLe tour de cou vient au plus près de la peau, un bon point pour l'isolation. Photo : Benoît Lafontaine

Par Benoît Lafontaine, texte et photos

5 réflexions au sujet de « Essai casque Shark Evo-One »

  1. Bonjour

    J’ai le même depuis février, changé une fois en SAV pour le soucis de pin lock qui se raye, as tu de ton coté des nouvelles de Shark sur la nouvelle visière qu’ils envisagent de refaire ?
    Moi je n’ai eu que ça comme soucis le reste est impec.

    Merci

  2. @ Bernard Perinel : Bonjour, nous n’avons eu aucun retour de Shark sur notre essai du Evo-One. Notre essayeur n’as pas été pleinement satisfait de la qualité globale de ce Shark (finition notamment), malgré d’indéniables talents par ailleurs. Sur le modèle dont nous disposions en essai, l’écran n’a pas posé de problème, ce sont les joints qui ont lâché…

    La Rédaction

  3. bonjour méme probléme que bernard pin lock qui se raye déja changer en sav 2 fois et moi 1 fois quel est la solution??????

  4. Bonjour
    J’ai un énorme problème avec la mentonnière. Une fois en mode jet impossible de la rabattre en mode intégral.
    Porté c’est impossible, il faut enlever le casque mettre un violent coup de paume sur le milieu de la mentonnière pour arriver à la débloquer. Une fois débloqué remettre le casque en faisant attention qu’il ne se reverrouille pas et là on peut passer en mode intégral.
    Sur la notice il est précisé de pousser la mentonnière avec le pouce gauche c’est comme ça que j’ai cassé le support de joint comme sur la photo 22 de Benoit. Pour info je n’avais pas encore mis le casque sur la tête!!!!
    Ce problème me m’agace d’autant plus que j’ai acheté ce casque sur le net et c’est plus difficile a expliquer que d’avoir un vendeur en face

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