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27 mars 2015

Essai Kawasaki Z 300

Essai Kawasaki Z 300

Mini-Z

« Ben, tu vas essayer la dernière Z en quasi exclusivité ! ». Ni une ni deux, j’enfile mon cuir, et direction Kawasaki France. Fraîchement descendu de la BMW S 1000 RR, j’arrive, le nez au vent, le sourire aux lèvres et…vois arriver la Z…300. « Allo Simon ? J’ai un problème… »

Basé sur la Ninja 300, le Z 300 se veut le petit frère du Z 800 et l'imite sans faute de goût.

Basé sur la Ninja 300, le Z 300 se veut le petit frère du Z 800 et l’imite sans faute de goût.

« Dis moi, Simon, tu n’aurais pas oublié un « détail » ? »
« Ah ouiiii, c’est la 300, tu vas voir, c’est comme la Ninja 300, mais avec un look de Z ! »
« … »

De fait, je la connais plutôt bien cette Ninja 300, pour l’avoir essayée et appréciée d’abord en 250 lors de sa sortie en 2008, puis dans sa version actuelle. Je retrouve donc rapidement les mêmes caractéristiques, à un chouïa près: un angle de chasse de 26° au lieu de 27, portant la chasse à 82 mm au lieu de 93. De quoi rendre la Z un peu plus agile, sans pour autant gêner la stabilité. Autre changement de poids (au sens): 4 kilos de moins avec 168 tous pleins faits. C’est à dire avec 17 litres d’essence dans le réservoir. Certains conducteurs de gros cubes seraient aujourd’hui contents d’en avoir autant, à l’heure où l’on réduit la contenance à tours de bras !

1/3 de Z

Le tableau de bord est clair, lisible et plutôt complet. L'essentiel...

Le tableau de bord est clair, lisible et plutôt complet. L’essentiel…

Mais revenons en à cette Z 300. Compacte, trapue, elle est logiquement liée esthétiquement à ses aînées Z 800 et Z 1000. Son avant trapu ne verse pas dans l’excès de zèle, et les écopes englobantes rappellent celles des autres Z. Étroitesse du cadre oblige, Kawasaki a meublé les espaces de manière très agréable, offrant sur l’ensemble de la moto une finition toute aussi valorisante que la ligne, en témoigne la complète et belle instrumentation de bord.

Le compteur, mixant partie analogique pour le compte-tours et écran digital pour…tout le reste (vitesse, heure, jauge à essence, totaliseur et deux trips) dispose même d’un voyant Eco, comme ses grandes sœurs, indiquant que vous consommez peu (ou que vous vous traînez, au choix).

N’en demeure pas moins qu’avec 320 km au totalisateur lorsque nous la prenons, notre petite Z a déjà la peinture des platines repose pieds marquées par les bottes, ainsi que la plaque de protection thermique du pot.

Une Z bicylindre !

Le petit bicylindre étonne par son tempérament, à défaut d'avoir le coffre de ses grands frères.

Le petit bicylindre étonne par son tempérament, à défaut d’avoir le coffre de ses grands frères.

Une fois démarrée, la Z 300 rappelle… l’ER-6n, moteur bicylindre vertical oblige. Une motorisation à la fois robuste et performante, éprouvée sur la version sportive, que l’on retrouve ici avec plaisir. Les performances de la Z 300 sont donc logiquement identiques à celles de la Ninja 300, et accrocher le 170 compteur est tout à fait possible, disons le d’emblée. Douce et docile à bas régimes, souple mais aussi forte sous les 9 000 tr/min, on apprécie – ou pas – le feulement caractéristique de ce twin vertical une fois que l’on exploite – avec délectation pour peu qu’entendre « crier » en toute discrétion un moteur ne vous effraye pas – le dernier quart du compte tours. Jusqu’à la rupture (aux environs de 13 500 tr/min), le bicylindre affiche une bonne dose de caractère et des reprises suffisantes si l’on choisit bien le rapport.

Il ne faut d’ailleurs pas hésiter à tomber une ou deux vitesses : très peu de frein moteur et surtout un embrayage assisté permettent de réduire le « couple » et les risques de dribble de la roue arrière.

Sélective, la Z 300 !

Et si l’on ne souhaite pas « cravacher » le moteur ? Ce dernier se prête également volontiers au jeu de la circulation urbaine, tout comme la partie cycle.

La monte pneumatique d'origine ne transmet pas beaucoup d'informations... Un ressenti moyen qui pénalise un châssis vif et joueur.

La monte pneumatique d’origine ne transmet pas beaucoup d’informations… Un ressenti moyen qui pénalise un châssis vif et joueur.

Mieux encore : les rétroviseurs haut perchés passent au dessus de ceux des voitures, facilitant l’éventuelle remontée de file. Équipée d’un pneu de 140 à l’arrière, la Z300 affiche un excellent compromis entre mise sur l’angle progressive, stabilité et agilité, que seule la monte pneumatique IRC Road Winner semble pénaliser. On s’y fait cependant, sans être totalement convaincu au vu des conditions climatiques (froid et crachin). Ouf. Alors, on se voit bien prendre facilement la route quand même avec un tel ensemble. Très favorable aux petites jambes, avec ses 785 mm de haut et sa forme évasée, la selle de la Z 300 s’adresse davantage aux fessier dodus ou peu délicats, aux trajets d’une cinquantaine de kilomètres ou aux amateurs de conduite sportive, qui ne feront que danser dessus, plus qu’aux rouleurs au plus ou moins long court – avec un « t », oui – amateurs de confort.

Car la vocation de cette 300 n’est pas vraiment de viser le long cours ni de vous emmener en vacances à plus de 400 km de chez vous, même si un plein et une consommation souvent inférieure à 4,3 l/100 permettent de le faire. Non, ce petit roadster sportif est là pour apporter une bonne dose de plaisir au quotidien et vous permettre de vous évader sur des échappées belles menées tambour battant. Pour ce qui est de la protection, les jambes sont plus à l’abri que le buste et la tête.

Pas pour les grands ?

D'un gabarit compact, la Z 300 se veut accueillante. Les petits gabarits y seront toutefois plus à l'aise que les grands...

D’un gabarit compact, la Z 300 se veut accueillante. Les petits gabarits y seront toutefois plus à l’aise que les grands…

A l’attaque des petites routes bosselées, ou tout simplement des nombreux gendarmes couchés jalonnant nos routes, l’amortissement résolument ferme – et non rodé encore au vu des 780 km totalisés en fin d’essai – perd en confort les bénéfices apportés en terme de rigueur lorsque l’on s’amuse sur du billard. Ho, hé, on est sur une 300, cher ami, aussi ne faudrait il pas avoir la dent trop dure. Une 300, c’est avant tout un joujou extra, léger et maniable. Et de ce point de vue, la Z 300 assure. Débutants, permis A2, citadins et motards à la recherche d’une moto pour tous les jours y trouveront leur compte sans perdre la considération de leurs pairs. D’une part, la moto assure bon train, d’autre part, on continue de vous saluer lorsque l’on vous croise, ce qui fait toujours plaisir. Reste du coup à trouver quelques points critiquables. Le guidon ? Large, il demandera sûrement à être adapté en inclinaison à votre longueur de bras pour trouver le bon cintre.

Les leviers non réglable ? Pour l’embrayage, on s’en passe, pour le frein, ou aurait apprécié de pouvoir en bénéficier. Si notre version d’essai ne disposait pas de l’ABS (supplément de 400 € ), j’aurais apprécié pouvoir disposer d’un peu plus de feeling. D’autant qu’à l’arrière, la puissance est bien là et peut parfois surprendre. Seuls les mieux pourvus en longueur de jambe et les plus d’1,80 m pourront regretter d’avoir les genoux dans une zone peu agréable, à la jonction du réservoir et des écopes. Ils seront aussi un peu pliés par la position relevée des jambes et les bras placés bas. On a vu mieux. Kawasaki a par contre pensé au un astucieux petit coffre sous la selle passager. Compartimenté, ce dernier accueille facilement sous la trappe un U en deux parties. Merci Ki ? Merci Kawasaki.

BILAN

Les Z 800 et Z 1000 sont trop chères ? Votre assureur vous regarde du mauvais œil quand vous lui dites que vous voulez une Z ? Vous êtes aficionado Kawa et pour vous le look et la personnalité comptent plus que la performance brute ? La Z 300, face à la KTM Duke 390 par exemple, ne conviendra pas à tout le monde, pas à tous les styles de conduite ni à toutes les attentes, mais elle pourrait bien être faite pour vous, surtout si vous aimez le sport et la fermeté ! Et n’oubliez pas que pour 296 cm³, nous avons là une sacrée moto. Même à 4 799 € (le prix d’une 125 de luxe)… et 5 199 € avec l’ABS. A vous de l’exploiter !

L'identité, c'est dans le regard qu'on la trouve. Un Z 800 ? Non, mais un Z quand même !

L’identité, c’est dans le regard qu’on la trouve. Un Z 800 ? Non, mais un Z quand même !

FICHE EXPRESS

NOTES (dans la catégorie)

Finition : 7/10
Équipements : 5/10
Confort : 6/10
Protection : 6/10
Moteur : 9/10
Partie-cycle : 8/10
Budget : 7/10

NOTE GLOBALE

6,8/10

ON AIME : ON N’AIME PAS :
+ Le look sympa – Quelques détails ergonomiques
+ La motorisation énergique – La monte pneumatique d’origine floue
+ La maniabilité de cette mini-Z
+ L’instrumentation agréable et suffisante

Merci à la société Lidl qui nous a permis de réaliser nos clichés statiques sur les marches de son siège social.

Par Benoît Lafontaine, texte et photos

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