Découvertes

11 septembre 2015

Interview : le team e-Bike de l’Université de Kingston

Interview : le team e-Bike de l'Université de Kingston
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Un aperçu du futur ?

La course du TT Zero, qui se déroule en juin durant le Tourist Trophy, montre aujourd’hui aux spectateurs le haut niveau de performances atteint aujourd’hui par les motos électriques. Nous avons rencontré l’un des plus anciens teams participant à cette compétition, l’Université de Kingston (Angleterre), et leur puissante moto, baptisée Ion Horse.

Le Tourist Trophy de l’Ile de Man (abrégé IOMTT), est l’une des courses moto les plus célèbres du monde, depuis la première apparition de cette compétition en…1911. Un paradis piégeux et dangereux pour mécaniques, les pilotes et les spectateurs, enchantés tant par le danger que par le son de moteurs poussés à leurs limites tout au long des 60 km du tracé de ce circuit mythique. Mais, depuis 2010, cette course est également totalement silencieuse et « propre »*, avec le TT Zero.

Laila et Ryan sont deux des étudiants en charge du projet. Plus encore qu'une moto thermique moderne, une moto électrique se règle à l'ordinateur. Mais la caisse à outils sert aussi !

Laila et Ryan sont deux des étudiants en charge du projet. Plus encore qu’une moto thermique moderne, une moto électrique se règle à l’ordinateur. Mais la caisse à outils sert aussi !

Une catégorie spécifique, créée pour les motos électriques. Un aperçu du futur ? Probablement pas, les motards montrant toujours de sérieuses réserves envers ces motos. Mais, au moins, une course de promotion pour le développement de la propulsion électrique, poussant les usines à faire de leur mieux, créant des technologies pouvant se retrouver demain sur des motos électriques homologuées route. Usines ? Oui, MotoCzysz, Honda et maintenant Victory (auparavant Brammo, faisant désormais partie du groupe Polaris) sont entrés dans la course, avec de gros moyens financiers et, évidemment, les meilleurs résultats (quatre victoires consécutives pour MotoCzysz entre 2010 et 2013, deux victoires pour Honda depuis 2014). Mais ils ne sont pas les seuls sur la Montagne (the Mountain, l’une des portions du circuit qui, comme son nom l’indique, monte), et quelques Professeur Tournesol essayent de faire de leurs mieux avec les moyens du bord.

Le tableau de bord regorge d'informations et de basculeurs. On se demande comment fait Shaun pour s'y retrouver, entre Ballaugh Bridge, Gooseneck et Creg-ny-Baa !

Le tableau de bord regorge d’informations et de basculeurs. On se demande comment fait Shaun pour s’y retrouver, entre Ballaugh Bridge, Gooseneck et Creg-ny-Baa !

Certains sont des touche-à-tout créatifs, installant aux forceps un moteur électrique et une – grosse – batterie dans une moto thermique existante, d’autres sont des étudiants qui essayent de trouver de nouvelles solutions, telle l’équipe de l’Université de Kingston, en banlieue londonienne. Cette équipe est l’un des meilleurs teams non-usine, avec une troisième place en 2011 et une quatrième place en 2013, juste derrière le projet de l’Université de l’Ohio (le seul autre team universitaire capable de faire un podium depuis les débuts du TT Zero). Nous les avons rencontrés juste avant la course de 2015, tandis qu’ils terminaient leur Ion Horse (que l’on peut traduire en français par « cheval ionique », clin d’œil à sa propulsion et référence au cheval de fer, Iron Horse, terme souvent employé pour désigner une moto), un monstre au carénage inspiré de la Desmosedici, propulsé par un puissant moteur électrique.

Lors de notre passage, le team terminait les nouveaux carénages en deux parties en matériaux composites.

Lors de notre passage, le team terminait les nouveaux carénages en deux parties en matériaux composites.

Même si certaines pièces viennent de motos de production ou de compétition existantes, comme la fourche (Suzuki GSX-R 1000) ou le carénage (Ducati MotoGP), le reste est créé de toutes pièces. Le châssis est un énorme treillis tubulaire, complété par un très beau bras oscillant en aluminium. L’une des solutions originales trouvées par l’Université est l’intégration du pignon de sortie de groupe propulseur (il n’y a pas de boîte de vitesses) à l’axe de bras oscillant. Dans la pratique, la chaîne a donc toujours la même longueur entre l’axe de bras oscillant et l’axe de la roue arrière, et peut avoir une tension optimale. Futé ! Alimenté en énergie par un gros pack de batteries central, le petit moteur électrique développe 188 chevaux, ce qui est largement suffisant sans la moindre assistance au pilotage comme un anti-patinage !

Quand nous les avons rencontrés à la Faculté des Sciences et Technologies (l’une des cinq facultés de l’Université de Kingston, qui compte un total de 20 668 étudiants !), le team terminait le nouveau carénage en deux parties avec une nouvelle prise d’air pour le refroidissement des batteries, et travaillait sur le moteur et les informations du tableau de bord. Les étudiants ont à leur disposition de nombreuses machines dans leur petit atelier, et sont capables de réaliser certaines pièces par eux-mêmes, grâce à la CAO (conception assistée par ordinateur) et aux imprimantes 3D. L’équipe dispose également d’un équipement de haute technologie fourni par K-Tech pour le réglage de la suspension arrière. Une grande équipe, dans une petite pièce… Attention, interview sous tension !

Comment une université décide-t-elle de créer un team pour participer au TT Zero ?

Le team KU e-Racing Electric Bike a commencé fin 2008, sous l’impulsion de l’ancien maître de conférences Paul Brandon, à l’université de Kingston. Paul Brandon a fait un discours au Musée des Sciences de Londres au lancement officiel du TT XGP en 2008, et a expliqué que ce projet de moto électrique serait le départ d’un voyage intéressant dans le monde de ingénierie pour l’université. Un petit nombre d’étudiants l’a rejoint et lentement le projet est devenu une activité extra-curriculum pour les étudiants et l’université.

Combien de personnes travaillent au sien du team Ion Horse ?

Le team actuel se compose de dix étudiants, cependant trois quittent l’équipe donc sept étudiants prendront le relais à partir de septembre. Il y a aussi quelques professeurs impliqués dans ce projet et qui supervisent le fonctionnement du team et tout équipement dont le team a besoin.

Qui sont les membres du team ?

Les membres du team sont tous des étudiants de l’université venus de divers horizons. Le chef d’équipe, Ryan Duffy, qui est en dernière année de licence de sciences en ingénierie du sport automobile, vient d’Irelande. Laila Guseva est également en dernière année de licence de sciences en ingénierie du sport automobile et vient de Lettonie. Enrique Munoz, un autre étudiant en dernière année vient de Madrid et achève une licence en ingénierie mécanique. Les autres membres de l’équipe sont des étudiants de première année qui étudient la mécanique et la compétition. Ces nouveaux membres sont :
– Ed Wratten, du Yorkshire, en charge des liaisons entre étudiants pour le team.
– Kino La Chica Espinosa De Los Monte vient de Malaga, en Espagne, et est le chef de projet du team.
– Matthew Bottomley vient d’Oxford et est le coordinateur de course du team.
– Ravjyot Kaur Bharij est la responsable des carénages et de la communication et vient de Londres, mais sa famille est originaire du Pendjab, en Inde.
– Emmanuel Falade vient de Londres mais sa famille vient du Nigeria. Il est le responsable châssis.
– James Iveson, de Londres également, est le responsable du groupe motopropulseur (moteur et batteries).
– Riccardo Antonini vient de Rome, en Italie, et est le responsable des trains roulants et de la partie-cycle.

Quels sont vos moyens financiers ?

L’équipe dispose de fonds provenant de l’université, a aussi un parrainage de la part de Motortourer et cherche à obtenir plus de sponsoring d’autres sociétés. L’université de Kingston nous fournit un atelier, d’excellentes machines et un banc moteur dédié.

L'équipe a son camion, comme au HRC. Certes, ce n'est pas le même budget...

L’équipe a son camion, comme au HRC. Certes, ce n’est pas le même budget…

Comment avez-vous trouvé votre pilote, Shaun Anderson ?

Shaun est un ancien étudiant de l’université et a accepté d’être notre pilote. Il a été contacté six ans après avoir obtenu son diplôme pour voir s’il serait intéressé pour être notre pilote, sachant qu’il avait déjà débuté les courses sur route.

Votre Ion Horse noir et vert ressemble à un prototype, mais avec des gènes de GSX-R. Êtes vous partis d’une base existante ou l’avez-vous construit de toutes pièces ?

C’est un prototype. La géométrie de notre moto est basée sur la géométrie d’un GSX-R. Le châssis et le bras oscillant ont été réalisés par B-Tech d’après les dessins d’étudiants, tandis que les roues et les disques de frein sont des pièces Suzuki.

Qui développe le châssis, le bras oscillant et les carénages ?

Le châssis de la moto et le bras oscillant sont une création des étudiants en collaboration avec une compagnie spécialisée dans l’étude de châssis. Le carénage est en matériaux composites de haute technologie et est actuellement une réplique de MotoGP, mais notre responsable carénages, Ravjyot, est en train de travailler sur un nouvel habillage de record de vitesse en collaboration avec C-Tech Composites.

Qu’en est-il pour le moteur et les batteries ?

Le moteur utilisé dans notre moto est un moteur prototype de chez Yasa Motors et les batteries utilisées sont des cellules au lithium dans un pack batteries conçu par l’équipe.

Pouvez-vous nous donner quelques informations techniques et chiffres concernant votre moto ?

La moto actuelle a un voltage total de 500 volts, développe 188 chevaux et peut effectuer le 0 à 100 km/h en moins de trois secondes ! Sa vitesse maximale est de 256 km/h !

500 volts, faut pas toucher ! Plus sérieusement, les risques sont énormes et les étudiants ne travaillent jamais seuls sur la moto.

500 volts, faut pas toucher ! Plus sérieusement, les risques sont énormes et les étudiants ne travaillent jamais seuls sur la moto.

Nous vous avons rencontrés car vous êtes venus en France pour tester vos batteries chez D2T Powertrain Engineering au début de l’année. Pourquoi avoir choisi un partenaire français pour le développement de vos batteries ?

Le team a rencontré D2T au Cenex en 2014, nous avons parlé avec eux et ils semblaient désireux de nous aider à mieux comprendre les batteries que nous utilisons. Un membre de l’équipe a travaillé avec D2T comme une partie de son projet de fin d’ année pour son diplôme ; ils avaient réussi à voir comment caractériser les cellules et leurs capacités de décharge. Cela a été une relation très fructueuse et nous espérons travailler avec D2T Powertrain Engineering de nouveau.

Quels sont vos différents partenaires et comment vous aident-ils ?

L'équipe dispose de son propre banc pour tester les réactions du moteur et ses performances. Verdict ? 188 chevaux !

L’équipe dispose de son propre banc pour tester les réactions du moteur et ses performances. Verdict ? 188 chevaux !

Nous recevons une grande aide de la part de la Fédération des Motards Britanniques et de son directeur financier, Howard Anderson, qui n’est pas uniquement le père de notre pilote Shaun, mais aussi un réel passionné de mécanique et de motos. Grâce à eux, la Ion Horse à pu figurer en couverture du magazine Motorcycle Rider de la fédération cet hiver. Cependant, il a également beaucoup d’autres partenaires impliqués dans ce projet envers qui l’équipe est très reconnaissante : Vayon Green Power Group, YASA Motors, Sensor Technik UK, Motortourer, AutoVolt Magazine, Brungtinthorpe, B-Tech, C-Tech Composites, K-Tech Suspension, AnyTech Print, Goodridge, Vepro, Ace Cafe, Drive eO and Kalup Machines.

Depuis combien de temps participez-vous au TT Zero ?

Le KU e-Bike Racing Team est la seule équipe qui participe au TT Zero depuis ses débuts en 2010. Le meilleur résultat de l’équipe a eu lieu en 2011, quand nous avons obtenu un place sur le podium à la course – la Ion Horse a fini 3e. En 2014 nous avons terminé 4e et cette année nous souhaitons obtenir une nouvelle place sur le podium.

Quels sont les principaux problèmes rencontrés durant le développement de ce projet ?

Ce moto est un véhicule électrique, nous repoussons les limites sur les nouvelles technologies et ce que nous pouvons faire pour améliorer la moto, ce qui est toujours difficile. Le développement de la moto est quelque chose que nous pouvons faire avec une certaine aisance et l’aide de l’université, mais la batterie et son contrôleur sont là où nous poussons le développement et notre compréhension du système, sur la façon de travailler, de gérer le fonctionnement de la moto et ce que nous pouvons en améliorer.

Pour cette année, quelle est votre ambition en termes de résultats ?

Notre but pour la moto de cette année est d’améliorer nos résultats et, dans le meilleur des cas, terminer premier du TT Zero ! Ou au moins de remporter une nouvelle place sur le podium ! La Ion Horse a été conçue pour franchir la barrière des 100 miles/heure de moyenne sur un tour (160 km/h, le fameux Ton), et nous serions ravis de pouvoir montrer le réel potentiel de notre moto. Nous espérons pouvoir courir contre des équipes d’usine comme Mugen ou Victory, qui est nouveau cette sur le TT cette saison. Notre équipe détient actuellement le record de vitesse sur terre du Royaume-Uni (pour une moto électrique) et nous cherchons à battre cela cette année également !

Malheureusement, le team n’a pas terminé la course 2015, remportée par John McGuinness sur la Honda Mugen Shinden, avec un incroyable tour en 18’58.743, à la vitesse moyenne de 191 km/h ! Pour ceux qui pensent que ce n’est pas si rapide, le record actuel de Bruce Anstey en catégorie Superbike (la plus rapide) est de 17’06.682 à 211 km/h de moyenne. Les motos électriques n’ont qu’un tour silencieux à faire, mais quel tour ! Peuvent-elles être plus rapides que les superbikes actuelles demain ? Attendons la course de 2016 pour savoir !

Robert Rayner est le superviseur du team KU E-Bike. Merci à lui pour son accueil au sein de l'université !

Robert Rayner est le superviseur du team KU E-Bike. Merci à lui pour son accueil au sein de l’université !

Laila et Ryan sont deux des étudiants qui développent cette moto électrique. / Laila and Ryan are two of the students developping this electric motorcycle. Photo : Simon PalatchiLa Ion Horse, un monstre de 188 ch conçu pour l'Ile de Man ! / The Ion Horse, a monster of 140 kW designed for the Isle of Man. Photo : Simon PalatchiLe châssis en treillis tubulaire est une conception prototype, imaginée par l'équipe. / The trellis tubular frame is a prototype, created by the team. Photo : Simon PalatchiPhoto : Simon PalatchiPhoto : Simon PalatchiL'amortisseur fourni par K-Tech est vraiment énorme ! Mais les routes bosselées de l'Ile de Man réclament au moins ça... / The rear suspension, provided by K-Tech, is really huge ! But the bumpy roads of the Isle Of Man needs such a suspension... Photo : Simon PalatchiLe frein arrière possède sa commande au guidon, sur demande du pilote (cela lui libère les pieds...). Le maître-cylindre provient...d'un scooter Yamaha 50 ! / The rear brake has its handlebar controls , as requested by the driver ( this frees his feet ... ). The master cylinder was taken from...a Yamaha 50 scooter ! Photo : Simon PalatchiLe tableau de bord est complet. / The dashboard is complete. Photo : Simon PalatchiLa batterie développe 500 volts ! Danger... On manipule avec précaution. / The battery pack provides 500 volts ! Danger... And handle with care. Photo : Simon PalatchiLe bras oscillant réalisé par B-Tech ne dépareillerait pas sur une sportive de série. / The swingarm engineered by B-Tech didn't mismatch on a street bike. Photo : Simon PalatchiLa fourche provient d'un GSX-R, les freins d'une R1. Cosmopolite... / The front fork comes from a GSX-R, the brakes from à YZF-R1. Cosmopolitan... Photo : Simon PalatchiPhoto : Simon PalatchiCes platines ont été réalisées en CAO, puis sur des imprimantes 3D. / The footrests have been designed with CAD, then realized on 3-D printers. Photo : Simon PalatchiPendant notre visite, le team terminait les nouveaux carénages en deux parties, toujours inspirés d'une Ducati MotoGP. / During our visit, the team was ending the new two-pieces fairing, still inspired by a Ducati MotoGP. Photo : Simon PalatchiPendant notre visite, le team terminait les nouveaux carénages en deux parties, toujours inspirés d'une Ducati MotoGP. / During our visit, the team was ending the new two-pieces fairing, still inspired by a Ducati MotoGP. Photo : Simon PalatchiPendant notre visite, le team terminait les nouveaux carénages en deux parties, toujours inspirés d'une Ducati MotoGP. / During our visit, the team was ending the new two-pieces fairing, still inspired by a Ducati MotoGP. Photo : Simon PalatchiPendant notre visite, le team terminait les nouveaux carénages en deux parties, toujours inspirés d'une Ducati MotoGP. / During our visit, the team was ending the new two-pieces fairing, still inspired by a Ducati MotoGP. Photo : Simon PalatchiPendant notre visite, le team terminait les nouveaux carénages en deux parties, toujours inspirés d'une Ducati MotoGP. / During our visit, the team was ending the new two-pieces fairing, still inspired by a Ducati MotoGP. Photo : Simon PalatchiPhoto : Simon PalatchiPhoto : Simon PalatchiPhoto : Simon PalatchiPhoto : Simon PalatchiPhoto : Simon PalatchiPhoto : Simon PalatchiPhoto : Simon PalatchiRobert Rayner est le professeur en charge du projet e-Bike. / Robert Rayner is the teacher in charge of the e-Bike project. Photo : Simon PalatchiPhoto : Simon PalatchiPhoto : Simon PalatchiPhoto : Simon PalatchiLe team dispose de son propre banc d'essai. On en connaît qui en rêvent dans leur garage ! / The team get is own dyno test. We know some people who dream about the same piece in their garage ! Photo : Simon PalatchiLe team dispose de son propre banc d'essai. On en connaît qui en rêvent dans leur garage ! / The team get is own dyno test. We know some people who dream about the same piece in their garage ! Photo : Simon PalatchiLe team dispose de son propre banc d'essai. On en connaît qui en rêvent dans leur garage ! / The team get is own dyno test. We know some people who dream about the same piece in their garage ! Photo : Simon PalatchiK-Tech a fourni au team une machine capable de paramétrer au mieux l'amortisseur. / K-Tech provided to the team a bench able to set the rear suspension. Photo : Simon Palatchi

Par Simon Palatchi et Max, photos S.P.

* Nous ne reviendrons pas ici sur les vertus et inconvénients de la propulsion électrique. Consultez nos contacts et comparatifs de Zero Motorcycles pour avoir notre avis à ce sujet !

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