Face à face

5 décembre 2014

Face à face H-D Road Glide Special VS Victory Cross Country Ness

Face à face Harley-Davidson Road Glide Spécial VS Victory Cross Country Ness

Cap à l’ouest

Les baggers, c’est tendance. C’est mode, même si ça se vend peu… Et, à l’origine, c’est américain. Donc nous avons opposé deux de ces américaines bad boy, en mettant cap à l’ouest parce qu’il faisait décidément trop moche partout ailleurs !

Dis, c’est loin l’Amérique ? Ouaip, et en plus y’a un océan entre les deux… Donc, vu la grisaille, nous avons mis cap sur l’ouest américain et… nous nous sommes arrêtés à Honfleur. D’abord parce que c’est joli et puis nos ‘ricaines ne flottent pas, elles coulent… Brouillard sur la capitale, à Vernon grisaille bouchée à vous flinguer un capteur de Nikon, à Rouen pas mieux… Heureusement qu’il y a la radio sur les bestiaux, car franchement c’était à pleurer. Finalement, le bord de mer a tenu ses promesses et nous a accueilli avec un franc soleil, bien que cela ne suffise pas à réchauffer l’atmosphère. Heureusement, les deux cousines d’outre-Atlantique y ont mis du leur pour tempérer l’ambiance !

Frais de port

Chic non ? La H-D est sobre dans cette robe noire mate. En revanche, côté technologie, c'est la fête !

Chic non ? La H-D est sobre dans cette robe noire mate. En revanche, côté technologie, c’est la fête !

La Victory est celle qui a le plus attiré les regards. Hé, le rouge pardi… Ça et les échappements fullbordel (pardon Victory Performance) optionnels montés qui ont réveillé tout le vieux port. La Victory, c’est un custom comme on en voit peu. La firme de l’Iowa a choisi de ne pas singer la firme concurrente et propose des lignes tendues sur ses machines. La Cross Country ne déroge pas à la règle (c’est le cas de le dire) et est quasiment dépourvu de courbes. Cette version spéciale Ness ajoute à la panoplie réglementaire une peinture de toute beauté, rouge perlé à parements noirs et liserés argentés façon aluminium bouchonné, une selle au revêtement spécifique, des hauts-parlers Kicker optionnels et un moteur dont les ailettes ont toutes été guillochées. Un peu agressif au toucher mais sensationnel ! Une petite plaque numérotée vient souligner l’exclusivité de la bête.

Sous l’imposant réservoir, on devine une non moins imposante épine dorsale, le cadre faisant appel à une poutre en aluminium. La partie-cycle est également très moderne avec une fourche inversée copieuse et des étriers quatre pistons pour pincer les grands disques de frein. Au tableau de bord, du classique avec quatre compteurs analogiques et deux petites fenêtres digitales pour les menus de radio et les diverses informations. En face, la Harley jouerait presque les discrètes… Son feutré de chalutier, robe noire mate juste soulignée de liserés rouges. S’il n’y avait ce carénage agressif façon nez de requin, on ne se retournerait guère sur elle. Pourtant, c’est bien elle la plus technologique des deux ! Si, si ! Certes le moteur culbuté est moins « moderne » que le double arbre à cames en tête de la Victory. Mais Milwaukee a mis les bouchées doubles l’an dernier en présentant le projet Rushmore. Et ça, c’est juste énorme… Sous une esthétique somme toute encore traditionnelle, la H-D regorge de technologie. Phare full-LED, feux à LED également avec clignotants incorporés, freinage ABS couplé et surtout la Boom! Box, outil d’info-divertissement tactile génial gérant la radio, le téléphone, l’intercom, la navigation grâce au GPS embarqué et même la circulation ! Inconcevable il y a encore peu sur une américaine c’est, actuellement, ce qui se fait de mieux, ni plus, ni moins.

Bagarre de baggers

La Victory est beaucoup plus exubérante, quel style !

La Victory est beaucoup plus exubérante, quel style !

Vues les conditions climatiques précédemment citées, on est finalement bien content de pouvoir égayer un peu le roulage jusqu’à notre destination finale avec un peu de musique. Le pays d’Auge n’a qu’à bien se tenir, les Watts débarquent ! De qualité sensiblement équivalente avec cependant un léger mieux du côté de la Harley (meilleure restitution des aigus), les sonos sont cependant desservies par le concept même du bagger. Car un bagger, c’est deux valises et pas de pare-brise ! Or, sans pare-brise, on en prend plein la quiche dès 90 km/h et basta la sono… La Road Glide fait un peu mieux que la Victory en termes de protection, notamment grâce à un astucieux système de prises d’air escamotables.

Trois aérations sont situées dans le carénage (une de chaque côté de l’optique, une sous le saute-vent) et permettent de moduler les flux d’air à loisir pour protéger ou aérer. La Victory offre une protection fixe assez médiocre pour la tête, mais bonne pour le buste. En bas, c’est kif-kif : il n’y a rien ! Sur les petites routes humides de la matinée, nous n’avons guère été à la fête. Saines, nos deux montures n’incitent toutefois pas à la gaudriole… La faute à un poids élevé (347 kilos à sec pour la Victory, 385 kilos tous pleins faits pour la H-D) qui exclut toute anticipation et à des pneus « américains » en bois, peu adaptés à nos chaussées. La Victory, en Dunlop Elite III fait un poil mieux dans ce domaine… Mais la où elle enterre sa rivale, c’est en termes de comportement routier. Pas que la Harley soit mauvaise, loin de là. Un peu sèche de suspensions, elle offre un comportement routier assez rigoureux et un freinage enfin à la hauteur des performances, offrant feeling et puissance. La Victory, elle, est impériale. Son châssis ne se fait pas prendre en défaut, son freinage est puissant et la belle rouge est réellement efficace sur les routes à condition, encore une fois, d’anticiper un minimum…

Hautes performances ?

La Road Glide Special est moins à son aise sur les petites routes que sur les highways. Cependant, de gros progrès ont été faits avec le projet Rushmore !

La Road Glide Special est moins à son aise sur les petites routes que sur les highways. Cependant, de gros progrès ont été faits avec le projet Rushmore !

Forcément, à la longue on a fini par atteindre notre destination. Et, que ce soit à Paris ou à Honfleur, ces deux vaisseaux sont peu à leur aise dans des petites rues ou une circulation dense. Franchement pataudes à l’arrêt (mention moins pour la béquille de la Harley, à la cinématique flippante – voir photos), elles s’allègent dès les premiers kilomètres/heure. Mais les museaux sont larges et les postérieurs le sont tout autant… La Harley fait un peu mieux en termes de rayon de braquage, mais il est impératif d’analyser la situation avant de s’embringuer quelque part, aucune des deux ne disposant d’une quelconque marche arrière. Niveau confort, la Victory assoit définitivement son statut grâce à une suspension moins sèche. Si cela joue peu en temps normal, pavés et dos d’âne vous font vite sentir la différence.

Après une séance photo sur le port et quelques clichés sur la route côtière, il est déjà l’heure de filer sur Paris, by night forcément (hé, c’est l’hiver ma brave dame, ça tombe vite). Nous tracerons au plus droit par la nationale 13… La Harley impressionne avec son éclairage blanc très puissant. Si le faisceau des feux de croisement est assez bas, celui des feux de route illumine la nuit. En face, la Cross Country fait la tête… Patience, la Victory Magnum étrenne un nouveau système à LED et dispose du même carénage. Sur voies rapides, les deux américaines profitent d’un sixième rapport type « overdrive » pour abaisser sensiblement le régime moteur et y gagner en consommation .La Victory en profite pour soulager les tympans… Les échappements optionnels magnifient le son du V-Twin Freedom avec force craquements secs et pétarades violentes, mais ça peut finir par fatiguer. Et j’entends plus la musique ! Un petit test de « performances » (terme totalement saugrenu pour ces deux motos et fort peu en adéquation avec leur philosophie) se soldera par un match nul. Le puissant moteur de la Victory (92 ch et 15 mkg de couple) se fait tenir à l’accélération et en reprises par l’impressionnant 103 High Output H-D (87 ch et 14 mkg de couple) ! Toutefois, seul le twin Harley dispense des good vibrations, la Victory étant désespérément lisse…

Le bagger au doigt

La Cross Country possède un comportement routier exemplaire, mais protège bien mal son conducteur...

La Cross Country possède un comportement routier exemplaire, mais protège bien mal son conducteur…

Ils sont beaux nos baggers ? Certes, certes… Ils sont chers aussi ! La Road Glide Special demande 25 790 € en tarif de base, avec cependant un équipement particulièrement riche. En face, cette version Ness de la Cross Country demandait 23 290 € hors options. Sachez que cette version limitée disparaît hélas du catalogue 2015, mais la Cross Country tout court y reste, à partir de 19 290 €. Un tarif toujours élevé mais bougrement intéressant au vu des performances de la machine et de son style ébouriffant. L’équipement est un peu moindre, mais la Victory vaut son pesant de cacahuètes et fait se retourner toutes les têtes sur son passage, à fortiori si elle est de couleur vive ! Les valises rigides de nos deux concurrentes sont suffisamment vastes pour envisager plus qu’un week-end, avec un léger avantage pour le bagger de l’Iowa.

Celui du Wisconsin se rattrape en étant moins exclusif niveau musique : son port USB accepte tous les supports audio, quand la Victory est exclusivement dédiée aux produits marqués d’une certaine pomme… Côté finition, on en a globalement pour son argent. Toutefois, les échappements de notre Harley d’essai étaient déjà corrodés (moins d’un an et moins de 6 000 km au départ) et la Victory laisse voir trop de fils baladeurs (guidon, derrière le moteur, sondes lambda énormes)… Des détails, mais à ce tarif on peut être critique. Même remarque concernant les commodos, bardés de boutons sur les deux modèles : rétro-éclairés, ce serait bien pour s’y retrouver dans le noir ! Enfin, si proches en termes de tarifs et de performances, nos deux rivales continuent de se marquer à la culotte à la pompe. Au long de notre périple normand, la Harley-Davidson a avalé 6,23 litres aux cent en moyenne, la Victory se contentant de 6 litres. C’est assez peu et les gros réservoirs autorisent près de 400 km d’autonomie.

BILAN

Blanc bonnet et bonnet blanc cette bagarre de baggers ? Tout dépend ce que l’on cherche. Il faudrait le châssis et le moteur de la Victory avec les vibrations et la Boom! Box de la Harley pour avoir le mix optimal ! Toutes deux ont d’indéniables qualités, quelques défauts aussi et au final l’esthétique jouera pour beaucoup dans le choix final tant elles sont proches. La Harley gagne d’un cheveu, grâce à une finition, un équipement et une protection un poil supérieurs. Mais notre cœur balance vers la Victory, surtout dans cette splendide version Ness, rock ‘n’ roll à souhait !

Deux customs, du soleil, la mer... Manque plus que la chaleur et c'est parfait !

Deux customs, du soleil, la mer… Manque plus que la chaleur et c’est parfait !

Fiches express

Notes

Harley Davidson Road Glide Special Victory Cross Country Ness
Finition : 9/10 8/10
Équipements: 9/10 7/10
Confort : 7/10 8/10
Protection : 8/10 6/10
Moteur : 7/10 9/10
Partie-cycle: 7/10 8/10
Budget : 7/10 7/10

NOTE GLOBALE

1ere Harley Davidson Road Glide Special : 7,7/10
2e Victory Cross Country Ness : 7,6/10


 

ON AIME : Harley Davidson Road Glide Special ON N’AIME PAS :
La finition redoutable Les rares détails de finition décevants
La protection du carénage Les pneus d’origine, pas idéaux sur le mouillé
Le moteur, vibrant ET performant L’éclairage faiblard des compteurs
La Boom! Box, équipement génial !
ON AIME : Victory Cross Country Ness ON N’AIME PAS :
Le moteur performant Quelques détails de finition sont indignes
Le look acéré, terriblement attirant La protection vraiment réduite
La finition Ness, à tomber Pas de GPS ? Rhôôô….
Le châssis impérial
Photo : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît LafontainePhoto : Benoît Lafontaine

Par Simon Palatchi, photos Benoît Lafontaine

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