Découvertes

3 février 2017

Interview : Davide Brivio, team manager du team Suzuki Ecstar

Interview : Davide Brivio, team manager du team Suzuki Ecstar

« Iannone peut finir sur le podium »

Après une saison en demi-teinte et le départ regretté de Maverick Viñales, l’équipe Suzuki Ecstar et son team manager Davide Brivio repartent de zéro avec deux nouveaux pilotes pour l’année prochaine. Celui qui a remis l’écurie sur roues en 2015 avec une prometteuse GSX-RR nous livre ses impressions pour la saison à venir et revient sur les faits qui ont permis à Suzuki de revenir sur le devant de la scène.

Bonjour Davide. Après un retour en MotoGP sur la pointe des pieds, 2016 est une grande année pour Suzuki. Quelles sont les évolutions qui ont permis cette année à la GSX-RR de se rapprocher des Yamaha et Honda ?

Après une première année en milieu de peloton, Suzuki s'est rapproché de la tête de course en 2016. Et lutte désormais avec Ducati (ici à Phillip Island), mais aussi Honda et Yamaha !

Après une première année en milieu de peloton, Suzuki s’est rapproché de la tête de course en 2016. Et lutte désormais avec Ducati (ici à Phillip Island), mais aussi Honda et Yamaha !

Durant l’hiver, la plus grande évolution concernait les performances du moteur, c’était d’ailleurs l’un de nos points faibles après notre retour. Nous avons également introduit la transmission « full seamless » (ndlr: système qui permet de monter et descendre les rapports dans un plus grand confort) ce qui a été un grand pas pour nous. Ensuite, au cours de la saison nous avons essayé un nouveau châssis après le Grand Prix du Mugello tout en continuant de travailler sur l’électronique.

Mais notre plus grand chantier a vraiment été les améliorations du moteur. On peut maintenant rester proche de ces écuries, se battre et les attaquer sur les différentes phases d’une course ce qui rend les choses bien plus différentes que l’année dernière.

Pourquoi avoir délaissé l’architecture moteur en V des GSV-R au profit d’une architecture quatre-cylindres en ligne sur la GSX-RR ? Était-ce la seule solution performante pour lutter contre Honda et Yamaha ou est-ce en lien avec le développement routier des GSX-R ?

Première satisfaction de l'année 2016, au Mans, avec le podium de Maverick Viñales ! Homme discret, Davide Brivio (au centre) reste souvent en retrait de ses troupes.

Première satisfaction de l’année 2016, au Mans, avec le podium de Maverick Viñales ! Homme discret, Davide Brivio (au centre) reste souvent en retrait de ses troupes.

Quand Suzuki a arrêté le MotoGP en 2011, l’usine pensait déjà à recommencer un nouveau projet. L’une des raisons pour laquelle nous faisons du MotoGP est aussi pour permettre à la marque de développer la technologie, utilisable par la suite sur les motos de production. Les quatre cylindres en ligne de la GSX-RR sont déjà sur la moto de production. Ça nous donne l’opportunité de travailler en lien direct sur ces deux motos. La technologie que nous créons en MotoGP pourra s’adapter plus facilement sur le GSX-R.

Nous voulions également créer un lien fort entre la course et la production et Suzuki a une grande expérience des quatre cylindres en ligne. Les ingénieurs se sont concentrés sur ce modèle et nous en sommes pleinement satisfaits ! Les quatre-cylindres en ligne permettent également d’avoir un bon châssis, ce qui était la cible de Suzuki.

Qu’avez vous besoin d’améliorer sur la moto pour la saison prochaine ?

Nous devons continuer de travailler sur le moteur mais aussi sur le châssis, même si je le trouve bon à l’heure actuelle. Nous préparons des évolutions au Japon en ce moment. Si elles sont bénéfiques, on les introduira sur la moto, autrement on restera comme ça. La moto pour l’année prochaine ne sera qu’une petite évolution de celle-ci.

Est-ce que la Suzuki tolère mieux les pneumatiques Michelin que certains concurrents ?

2016 marque également la première victoire de la marque depuis son retour, à Silverstone, où Maverick Viñales a dominé la concurrence. De quoi être gourmand pour 2017 !

2016 marque également la première victoire de la marque depuis son retour, à Silverstone, où Maverick Viñales a dominé la concurrence. De quoi être gourmand pour 2017 !

Quand nous avons changé de Bridgestone pour Michelin, nos pilotes se sont sentis mieux, surtout dans les virages. Mais les pneus ont beaucoup évolué depuis le début de la saison surtout après l’incident en Argentine (ndlr: le pneu arrière de Scott Redding avait explosé lors des essais).

Quand Michelin a réintroduit des pneus plus durs, on a vu la différence. Sur plusieurs circuits, nous sommes plus rapides que l’année précédente. Bien sûr… les pilotes ne sont jamais contents et veulent toujours plus, mais nous sommes contents du résultat. Je ne pense pas que Suzuki soit plus approprié pour les Michelin car cela dépend aussi des conditions. La machine s’adapte mieux sur le pneu avant que l’arrière, mais c’est aussi un problème de réglage électronique que nous continuons de développer.

L’an prochain, vous accueillez deux nouveaux pilotes, Andrea Iannone transfert de chez Ducati et Álex Rins, qui arrive du Moto2. Seront-ils performants avec la GSX-RR ?

Bien sur ! Nous sommes très heureux de notre nouveau duo. Iannone fait partie du top niveau sur le circuit avec déjà quatre ans d’expérience. Si on travaille dur et qu’on lui donne tous les éléments, je suis sur qu’il amènera la moto sur le podium final. Quant à Rins, on recommence avec un MotoGP Rookie mais nous aimons ces challenges. Éduquer un jeune pilote et le ramener au plus haut niveau. Rins est déjà très talentueux, je suis sur qu’il pourra être dans le top cinq/six mondial dans le futur.

Pourquoi n’avoir pas conservé un pilote titulaire en 2016 l’an prochain, Aleix Espargaró ? Le pari n’est-il pas risqué pour le championnat ?

Pour 2017, le team Suzuki renouvelle ses deux pilotes et embauche un nouveau débutant, Álex Rins. Un sacré challenge, qui donne le sourire à Davide Brivio !

Pour 2017, le team Suzuki renouvelle ses deux pilotes et embauche un nouveau débutant, Álex Rins. Un sacré challenge, qui donne le sourire à Davide Brivio !

Quand nous avons recommencé en MotoGP, nous avons pris Aleix comme un « expert » pour développer la moto. Puis nous avons pris Maverick qui lui, est un nouveau talent. Malheureusement, Maverick a décidé de partir alors on s’est dit qu’il fallait recommencer le projet.

Si Maverick était resté, on aurait probablement gardé la même équipe : Maverick et Aleix. Avec Maverick en 2017 et 2018, je pense que que l’on aurait gagné des courses et fini dans le top du classement au championnat. On a donc pensé que Iannone pouvait être capable de le faire !
 

Vous avez donc les mêmes attentes pour Andrea Iannone que pour Maverick Viñales ?

Maverick est bien entendu un super pilote mais je pense que Iannone est aussi très rapide et très motivé. On l’a vu se battre très souvent pour le podium contre les meilleurs pilotes donc je pense que si la moto est bonne, il sera capable de nous donner de bons résultats.

Maverick Viñales a redonné à Suzuki le goût de la victoire en 2016. Quels sont les objectifs pour 2017 ?

Améliorer nos résultats, aller plus souvent sur le podium. C’est difficile bien sur, mais on doit essayer !

Propos recueillis par Richard Tindiller à Phillip Island, photos Team Suzuki Ecstar

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