Essai casque Shark Vantime
Robot rock
Actuellement, le fabricant français Shark explore des pistes différentes pour les casques. Après un Raw très surprenant, voici le Vantime, un intégral au look de robot venu d’ailleurs…
Shark exploite à fond la base de son jet bien né, le Nano. Après le Raw, la marque a présenté l’hiver dernier le Vancore et le Vantime que voici, deux intégraux. Des intégraux sur une base de jet ? Eh oui ! Pour réaliser ce casque qui fait partie de la gamme urbaine « Métro Division » de Shark, la marque c’est inspirée des tendances actuelles et notamment du groupe électro casqué Daft Punk. Le résultat de ce brassage d’inspirations confère au Vantime un look particulièrement fluide et épuré, notamment dans ce coloris blanc uni. La calotte très ronde du Nano n’a pas été touchée, conservant, hélas, sa prise d’air supérieure si caractéristique. Du Nano, le Vantime conserve même l’écran long « Long Trip » percé d’une prise d’air dans sa partie basse et deux extracteurs sur les côtés. Le seul ajout est une mentonnière proéminente, fixée sur les platines latérales par six points d’accroche.
De quoi garantir l’homologation intégral, malgré la base de jet. Son look étrange donne envie de la faire basculer autour du casque à l’instar de l’Evoline, mais elle est bel et bien fixe ! A l’enfilage, on retrouve les qualités du Nano, avec un confort appréciable des garnitures en fibre de bambou. Les porteurs de lunettes ne seront pas gênés outre mesure. Si la mentonnière ne posera de problème à personne, vu sa distance de menton, l’écran long pourra venir au contact du bas du menton, suivant le profil de l’utilisateur… Autre caractéristique étonnante du Vantime, due à sa base de Nano : il remonte très haut sur la nuque (comme le Raw d’ailleurs). Cela lui donne une assiette particulière, avec menton bien protégé et rachis à l’air libre… Étrange, et pas forcément très rassurant pour le bas du crâne… De plus, la mentonnière proéminente n’est équipée d’aucune bavette ou déflecteur. De quoi laisser passer l’air froid de l’hiver vers le visage !
Punk idiot ?
En dynamique, le Vantime s’avère également bien né. Très sensible à la buée en statique, la prise d’air de l’écran permet une ventilation très efficace et chasse la buée en moins de deux. On aurait pu en douter vu que la mentonnière passe devant, mais cette prise d’air fonctionne ! En revanche, elle ne s’obture pas… La ventilation supérieure, elle, conserve le petit patin en caoutchouc assurant l’étanchéité. On le retire pour ouvrir la prise d’air, on le remet pour la fermer et empêcher l’eau de s’infiltrer. Sur le papier c’est simple… En pratique, on tâtonne souvent pour remettre la cale en caoutchouc avec le casque sur la tête, et on ne sait qu’en faire une fois retirée. Si cette solution un peu rock ‘n’ roll pouvait encore avoir sa place sur le Raw et son traitement radical, on reste dubitatifs quant à sa présence sur un intégral, fut-il urbain ! Urbain ?
Justement, si Shark l’associe aux utilisateurs citadins en priorité, le Vantime peut sans peine se transformer en compagnon de route grâce à une aérodynamique soignée qui génère peu de bruits d’air. Merci la calotte ronde et l’absence d’aspérités ! En revanche, le niveau sonore est assez mal maîtrisé, le Vantime laissant libre champ à tous les bruits environnants. Sécuritaire, mais un peu trop élevé… Le pare-soleil intégré rendra bien des services avec une manette facilement accessible sur le côté gauche. Annoncé pour 1 450 grammes (en L), le Vantime est un peu lourd (1 523 grammes vérifiés sur notre balance), mais son poids est bien réparti et ne pèse pas sur les cervicales. Côté étanchéité, RAS. Le joint supérieur assure parfaitement son office, et écran long et mentonnière protègent le bas du visage. Si son look hors du commun vous tente, n’hésitez pas, le Vantime vous le rendra bien, d’autant que son tarif est loin d’être excessif au vu de ses qualités !
| ON AIME : | ON N’AIME PAS : |
| + Le look épuré et… différent ! | – La ventilation supérieure, passable sur le Raw indigne sur le Vantime |
| + Le rapport qualité/prix | – Le volume sonore un peu trop élevé |
| + La ventilation frontale efficace | – La sensibilité à la buée (heureusement, la ventilation est là) |
| + L’absence de bruits aérodynamiques importants | – Pas de bavette, même en option ! |
FICHE TECHNIQUE
Casque en résine thermoplastique injectée, écran « Long Trip » VZ140 anti-rayures à l’extérieur et anti-buée à l’intérieur avec système de ventilation, écran solaire interne, boucle micrométrique, intérieur en fibre naturelle démontable et lavable, emplacement prévu pour le système de communication Sharktooth, homologation intégral.
Du XS au XL en noir, argent, blanc, noir mat, décorations Ozz.
Poids : 1 450 g annoncés, 1 523 g vérifiés en L.
TARIF
Casque : 209 € (Blank uni), 229 € (Blank mat), 249 € (déco Ozz)
Écran : 52,53 €
NOTES
| Finition : | 8/10 |
| Équipement : | 7/10 |
| Enfilage : | 10/10 |
| Port de lunettes : | 8/10 |
| Manipulation ventilations : | 5/10 |
| Manipulation écran : | 9/10 |
| Confort acoustique : | 6/10 |
| Champ visuel : | 9/10 |
| Étanchéité : | 10/10 |
| Rapport qualité/prix : | 8/10 |
NOTE GLOBALE
8/10
Par Simon Palatchi, photos Emilien Braud















