Essai gilet airbag Allshot AirV1
Paf le motard…
Vous connaissez l’histoire de Paf le motard ? C’est peu ou prou la même que celle, bien connue, de Paf le chien, avec les conséquences que l’on imagine. D’où l’arrivée de solutions airbag, comme ce gilet filaire Allshot AirV1.
Évidemment, nous ne roulons pas avec l’angoisse permanente de voir un obstacle au détour d’un virage, un tiers pas vraiment à ce qu’il fait ou bien un excès d’optimisme de notre part (si, si, des fois c’est de notre faute…). Mais comme on dit, « touchons du bois », car cela peut toujours arriver. Si l’usage de l’airbag s’est désormais généralisé dans l’automobile, étant même devenu obligatoire, cette solution reste pour l’instant marginale pour les deux-roues. Mais de plus en plus de fabricants proposent ce genre d’équipements et certains pilotes de grands prix ont désormais recours à des combinaisons gonflables.
Simplicité…
Le gilet Allshot AirV1 qui nous intéresse ici appartient à la catégorie des airbags filaires, dont le déclenchement est assujetti à un câble donc. Pas d’électronique, pas de pyrotechnie, juste un simple percuteur. Si cette solution est vraisemblablement un poil plus lente au déclenchement, elle est surtout bien plus compacte, légère et économique, de par sa simplicité. A l’usage, le gilet arrive à se faire oublier. Les premières fois, ce fil à la patte se rappelle à notre bon souvenir à la descente de la moto, mais on s’y fait vite, au point de devenir un geste réflexe, comme boucler sa ceinture en voiture. Si l’on oublie de se décrocher à la descente de la moto, pas de risque de déclenchement involontaire à moins d’y aller comme un bourrin. Notre test pour la vidéo (voir ci-dessous), aura généré quelques fous rires avant d’arriver à trouver la force adéquate pour faire péter l’engin !
Donc aucun risque de le déclencher par erreur… Lors de notre essai estival, par des températures franchement élevées, la double couche induite par le AirV1, bien aéré, ne s’est pas trop faite sentir en roulant. Forcément, à l’arrêt, c’est autre chose et on a vite envie de le retirer… Seule une encolure un peu agressive nous a perturbé, et cette zone mériterait un petit cordon de néoprène pour plus de douceur. En revanche, saluons la présence d’une poche sur l’avant, bien pratique puisque celles du blouson son condamnées une fois le gilet porté. Quant au look, le AirV1 s’avère très discret en noir, faisant plus blouson sans manches que véritablement gilet. Un bon point pour ceux que le look « manutention d’ordures » rebute (même s’il existe aussi en jaune fluo ou haute visibilité réfléchissant). Le AirV1 est fourni avec deux types de fixations, pour l’accrocher aussi bien sur un tube de cadre qu’autour d’une selle, dans le cas où le cadre serait inaccessible.
Efficacité !
Lors du déclenchement, la sensation de compression est immédiate. On se sent engoncé après une bonne claque dans le dos. Le CO2 se répand dans un boudin qui court sur les flancs, dans le dos jusqu’au sacrum et sur l’avant (deux tubes parallèles à chaque fois), et autour du cou, pour limiter au maximum les mouvements de la tête et donc éviter une hyper-extension. Bref, on se sent en s��curité. Le gilet reste bien en pression, tout en commençant lentement à se dégonfler. Si après impact le gilet n’a rien, dans le cadre d’un accident, son réarmement est des plus simples. On dévisse, on remet le câble, on revisse et le tour est joué (voir vidéo). Qui plus est, Allshot fournit d’office une seconde cartouche. Ce système filaire a toutefois ses limites, puisqu’il ne se déclencherait probablement pas en cas de glissade avec le pilote accompagnant la moto (type low-side). En revanche, en cas d’impact frontal ou de toute chute avec éjection (high-side par exemple), ça pète.
Autres inconvénients, inhérents cette fois à tout gilet airbag, il est impossible de porter ce gilet avec un cuir sportif équipé d’une bosse aérodynamique (cette dernière décolle le gilet qui ne protège plus le cou) ou avec un sac à dos, sauf à donner énormément de mou au bretelles (et donc à laisser le sac à dos un peu flottant…). Bref, tout n’est pas idyllique et nous préférerions de loin une solution directement intégrée à un blouson, ce que la marque (comme d’autres) développe actuellement. Mais pour un usage simple, en toute saison et avec tout deux-roues, ce gilet est une solution qui peut sauver la mise en cas d’imprévu.
| ON AIME : | ON N’AIME PAS : |
| + Le tarif plutôt doux | – L’encolure agressive |
| + La facilité d’utilisation | – Le port du sac à dos exclu |
| + La bonne finition du produit | – Nécessite toujours un blouson en dessous… |
| + La poche très pratique |
FICHE TECHNIQUE
Gilet airbag filaire en Cordura 500D haute résistance, intérieur en mesh 3D polyester, fermeture à glissière, une poche externe, homologué CE EN-1621-4, volume de 18 litres pour l’airbag.
Du S au 2 XL en noir, jaune fluo ou haute visibilité (rétro-réfléchissant).
Poids : 950 g.
TARIF
349,90 € en noir (tarif de lancement, dispo. janvier 2014)
Cartouche de CO2 comprimé : 15 €
NOTES
| Finition : | 8/10 |
| Enfilage : | 8/10 |
| Confort : | 7/10 |
| Étanchéité : | sans |
| Aspects pratiques : | 7/10 |
| Protection : | 9/10 |
| Rapport qualité/prix : | 10/10 |
NOTE GLOBALE
8,2/10
Vidéo du déclenchement :
Merci à Bertrand Dussart pour le prêt de sa monture pour les photos et pour la prise de risques au déclenchement, ainsi qu’à Magalie Guzzo pour l’apport vital de sa matière grise, nos six hémisphères masculins n’ayant manifestement pas suffi…
Par Simon Palatchi, photos Maxence Lamy
















J’ai eu la chance de pouvoir avoir la démonstration sur moi-même du gilet gonflable au salon de la moto 08/12/2013. je l’ai trouvé de bonne qualité, assez esthétique en noir et pas cher par rapport a la concurrence que j’ai pu voir 500 euros pour le même type (Helite) et 900 euros pour le système électronique avec des capteurs de (Bering) je n’ai pas pensé à poser comme question aux exposants, le sac à dos et vraiment à exclure ? Cela remettrais en cause l’achat de cet équipement.
@ Alex : Bonjour, comme écrit dans l’article, le sac à dos n’est pas totalement exclu. Mais vous avez pu le sentir lors de la démonstration, le gilet prend vraiment du volume quand il se gonfle. Porter un sac à dos serré au plus près du gilet reviendrait donc à entraver son fonctionnement. Il est donc possible de porter un sac à dos, mais de façon très lâche, sans serrer les bretelles ou sangles, avec ce que cela induit comme mouvements possibles du sac. Il faudrait laisser au moins trois ou quatre centimètres de marge entre le gilet et le sac. En ville cela devrait ne pas trop se sentir, mais sur route ou autoroute…
Cordialement,
Simon Palatchi