Essai Yamaha Tmax 530 Blackmax
Le côté obscur de la force
Le Blackmax, c’est le Tmax en méchant. Noir mat intégral et accessoires coloris or, il sort le grand jeu pour frimer à la terrasse d’un café ou partir en maraude la nuit venue, prêt à pourrir n’importe qui au feu rouge…
Le Tmax, tout le monde connaît. Même ceux pour qui scooter équivaut à « baignoire-en-plastoc-posée-sur-deux-roues » en ont entendu parler. C’est le premier maxi-scooter sportif et, accessoirement, la meilleure vente de deux-roues motorisés en 2012, toutes catégories confondues. Et toc ! Il fait aussi régulièrement la une en tête du hit-parade des véhicules les plus volés et aussi, hélas, comme monture préférée des malfrats. La rançon du succès… Revu l’année dernière, il se pare désormais de la traditionnelle finition Blackmax, noir mat et or pour 2013.
Noir, c’est noir
Question finition, Yamaha n’y va pas avec le dos de la cuillère pour son porte-étendard catégorie scooter. Tout est à sa place, les assemblages sont soignés et les matériaux qualitatifs. Il suffit pour s’en convaincre de claquer la selle. Le bruit à la fermeture rappelle celui du coffre d’une grosse berline allemande… Seule la trappe à essence, devant la selle, et le frein de parking arrière qui aurait pu être plus discret font un peu cheap. Le Blackmax diffère du Tmax standard par sa couleur, un noir mat intégral, et divers détails. Jantes, logos, masses de guidon et aérations se parent de doré tandis que le tableau de bord troque l’éclairage rouge pour du blanc, bien plus agréable à contempler la nuit. La selle, elle, offre une finition encore plus avenante. En revanche en-dessous rien ne change : le coffre est toujours aussi petit. Il contiendra à grand-peine un jet… Mais on n’achète pas un Tmax pour aller faire les brocantes ! Deux vide-poches prennent place dans le tablier en complément. Si le droit ferme à clef et est assez profond, on reste dubitatifs quant à l’utilité du gauche. Trop petit pour un smartphone, il contiendra juste les tickets de parking ou une carte bleue facilement accessible aux péages (mais il ne se verrouille pas). Le Tmax arbore un style tranché qui attire les regards et, au vu des chiffres de vente, plaît ! Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Yamaha le duplique aujourd’hui sur le X-max 400. En revanche, il attire toujours la convoitise d’autrui ; les T-max 530 sont donc équipés en série du système Traqueur. Pas de quoi pour autant dormir sur ses deux oreilles si on le laisse dehors la nuit… Niveau partie-cycle, le Tmax 530 ne fait pas non plus les choses à moitié. Bras oscillant costaud, gros étriers de frein… Ça rassure ! Mais le ramage est-il vraiment à la hauteur du plumage ?
Sur des rails
On entend souvent dire du Tmax qu’il « arrache » voire qu’il « atomise n’importe quelle moto au feu rouge ». Autant couper court d’emblée à ces légendes urbaines : non, un Tmax n’atomise pas plus que ça une moto au démarrage !

Sur les pavés des grands boulevards ou une route sinueuse, le Tmax est à sa place. Photo : Götz Göppert
Ça pousse, certes, mais il faut garder en tête que même dopés aux hormones de croissance, les 46,5 canassons du bicylindre font ce qu’ils peuvent ! L’absence de vitesses à passer et le bruit caractéristique et fort sympathique du twin amplifient cette sensation de poussée, loin d’être stratosphérique. En reprises en revanche c’est une autre histoire, le variateur envoyant instantanément le moteur dans la plage utile du moteur. Mais bien que très agréable à l’usage, le moteur n’est pas l’arme fatale du Tmax. Ce qui en fait cet outil si redoutable, c’est sa partie-cycle. Châssis efficace, poids plutôt contenu et freins proprement démoniaques. Avec l’ABS qui équipait notre modèle d’essai, aucune circonstance ne nous a mis en difficulté, malgré une météo franchement capricieuse. Seule la suspension arrière est sujette à critique, se montrant un peu sèche. La rigueur de comportement est à ce prix ! Même le frein moteur est assez efficace, pour un engin doté d’un variateur il s’entend. D’une redoutable stabilité, le Tmax évolue aussi facilement sur un filet de gaz entre deux files de voitures que poignée dans le coin sur une petite route. En revanche, la prise au vent est sensible, surtout en cas de rafales latérales. La courroie de transmission (qui remplace les deux chaînes sous carter du précédent modèle) se montre discrète, même si un petit bruit se fait entendre, surtout lors des décélérations. Facile à prendre en main, les petits gabarits ne seront par contre pas à l’aise à son guidon. La faute à une selle confortable et pas trop haute, mais très large, qui génère donc un important effet d’arcade. Même perché à 1,80 m du sol, les pieds touchent à peine, sauf à s’avancer…
Toujours le roi
Bien équipé, confortable, doté d’un moteur pêchu à défaut d’être le plus puissant de sa catégorie et d’un comportement des plus rigoureux, on commence à comprendre ce qui fait le succès du Tmax. Ajoutez à cela une aura au pinacle depuis sa sortie (en 2001, déjà !) et vous comprendrez que cette troisième génération se vende comme des petits pains. Et ce malgré un tarif carrément salé, avec des concurrents moins chers (Gilera GP 800, Honda Integra), ou franchement plus performants (BMW C 600 Sport, Aprilia SRV 850). Plus de 11 000 € pour ce Blackmax ABS, c’est cher. Mais le roi peut bien se permettre quelques excentricités ! Qui plus est, sa majesté boit peu et reste accessible aux titulaires du permis A2, ce qui n’est plus le cas de ses ministres bien trop puissants pour ce palier de permis !
BILAN
Dans sa livrée Blackmax, le Tmax 530 se fait encore plus désirable. Bien que n’étant plus le scooter des superlatifs, il reste d’une rare homogénéité. Facile à prendre en main, efficace en toutes circonstances, on en vient à lui pardonner son faible volume de coffre. Reste l’addition, douloureuse.
FICHE EXPRESS
NOTES (dans la catégorie)
| Finition : | 9/10 |
| Équipements : | 7/10 |
| Confort : | 7/10 |
| Protection : | 8/10 |
| Moteur : | 7/10 |
| Partie-cycle : | 7/10 |
| Budget : | 4/10 |
NOTE GLOBALE
7/10
| ON AIME : | ON N’AIME PAS : |
| La facilité de prise en main | Le tarif élevé |
| Le moteur vivant et agréable à l’usage | Le risque de vol, élevé aussi ! |
| La partie-cycle redoutable | Le frein de parking moche |
| La finition | Le coffre petit |
Merci à Patricia pour avoir joué les mannequins lors de la séance de photos nocturne et à Patrice (GPA) pour le prêt du casque !
Par Simon Palatchi, photos Götz Göppert

















