Évasion : les monts d’Ardèche
Voyage avec deux ânes dans les Cévennes…
La rédaction est partie à la découverte du sud de l’Ardèche, dans le parc naturel régional des monts d’Ardèche. Une région ébouriffante et sauvage, dont les paysages nous ont parfois laissés sans voix, tandis que les moteurs, eux, en donnaient. Suivez le guide !
Notre base arrière était située à Aubenas, la grande ville du sud de l’Ardèche. Par facilité et par commodité, cette ville regroupant tout le nécessaire, dont des concessionnaires moto… Mais la boucle que nous vous proposons d’effectuer à la découverte de la région ne passe pas par cette ville, et vous pouvez tout aussi bien choisir d’établir votre camp de base dans l’un des nombreux villages de caractère de la région ou dans un camping, au bord de l’eau. Précisons toutefois que l’été, ces derniers sont à proprement parler noirs de monde… La rançon du succès de cette belle région. La boucle effectuée fait 170 km (200 km si vous partez d’Aubenas), un itinéraire que les GPS les plus optimistes proposent de parcourir en trois heures et demie (quatre d’Aubenas).. Si vous êtes plus Dark Dog Moto Tour que balade, c’est possible ! Mais, vous le verrez, la ligne droite a été presque oubliée, pour le plus grand bonheur des motards. Aussi est-il plus prudent de compter une grosse journée de route, surtout si l’on flâne et s’arrête à chaque curiosité ou panorama, ces derniers ne manquant pas ! Enfin, la circulation peut parfois être dense sur ces routes étroites, surtout en été. Nombreux motards, camping-cars, voitures, cyclistes, notamment le matin, à la fraîche, piétons ou même… cavaliers. Aussi la prudence reste-t-elle de mise, même si les revêtements et les enfilades de courbes permettent parfois de hausser le rythme… De plus, il est utile de signaler que les écarts de températures entre le point le plus bas du parcours (200 m d’altitude environ) et le point le plus haut (1 435 m au Col du Pendu) peuvent être très importants. L’été c’est jusqu’à 12° C de perdus en haut ! Il vaut alors mieux prévoir de quoi enfiler une couche supplémentaire pour les plus frileux. Enfin, signalons qu’il n’y a, pour l’instant, aucun radar fixe le long de la boucle, les seuls présents étant sur la route vers Aubenas !
Aubenas – Les Vans
Honnêtement, nous ne nous attendions pas spécialement à atteindre la plénitude sur ce parcours de « liaison ». La D 104 est très roulante à défaut de proposer des paysages intéressants. Qui plus est, elle est fréquentée l’été par les dizaines de touristes se pressant vers les Gorges de l’Ardèche (ce en quoi ils n’ont pas tort, le site est magnifique…). Passé Lablachère, la D 1044 s’éloigne de la plaine et propose un paysage déjà un peu plus avenant. La ville des Vans (prononcez le S, pour ne pas froisser les habitants) est typique des villes de cette région, formée autour d’une place centrale à l’ombre des platanes. Cela fait cliché mais en plein été l’ombre de ces arbres est vraiment agréable, surtout pour éviter de retrouver une selle brûlante. Les vieilles maisons paraissent un peu rigides et austères, mais il faut rappeler que la zone, à la porte des Cévennes, à été marquée par les guerres de religion aux 16e et 17e siècles, la région étant un bastion du protestantisme avant de connaître des heures fastes au 19e siècle, avec la sériciculture (l’élevage des vers à soie). Pour ceux qui souhaiteraient faire un petit détour, les gorges du Chassezac au nord des Vans et le bois de Païolive, au sud, proposent de beaux paysages et quelques villages de caractère, comme Banne et ses cultures en terrasse.
Les Vans – Villefort
On quitte les Vans par la D 901, qui va offrir un déroulé magnifique presque jusqu’à Villefort. Vingt-quatre kilomètres d’enchaînements de virages sur un revêtement superbe avec à gauche la montagne couverte des châtaigniers si caractéristiques de la région et à droite la vue dégagée sur la vallée du Chassezac. De nombreux points de vue jalonnent cette route, par ailleurs assez fréquentée. En arrivant sur le col du Mas de l’Ayre (846 m), la végétation change. Finie la châtaigne, vive les pins ! Le passage dans le Gard puis dans la Lozère permet d’attaquer la descente vers Villefort, particulièrement bien revêtue ! Il n’y a qu’à se laisser glisser d’un virage à l’autre. Top ! Prudence en arrivant sur Villefort par la D906. Lors de la haute saison touristique, la seule rue vraiment large de la ville est vite saturée, a fortiori les jours de marché, ce dernier se tenant sur ses bords.
La patience est alors de mise, la traversée pouvant prendre un certain temps… Ville ancienne, construite sur le même modèle que les Vans, en moins étendu, Villefort est un dédale de petites rues abritant quelques vieilles maisons dont les pierres racontent elles aussi les guerres de religion qui ont secoué la région voici plus de quatre siècles. La ville offre, avec son barrage, un magnifique plan d’eau au bord duquel une halte est bienvenue, sans même parler du point de vue sur ledit barrage ! Qui, pour l’anecdote, a rayé un village de la carte lors de sa construction en 1965. Le nom officiel de l’édifice est d’ailleurs barrage de Bayard, du nom du village englouti !
Villefort – Langogne

L’eau est partout présente dans ce périple.L’été, lacs et rivières donnent envie de plonger, comme ici à Villefort !
Pour quitter Villefort, il faut poursuivre sur la D 906 vers Langogne, en passant sur le barrage. Après quelques virages, un panorama sur la droite vous permettra de visualiser le lac, le barrage et la vallée en intégralité, ainsi que la chapelle Saint-Loup, perchée sur son nid d’aigle. Quelques kilomètres plus loin, le village fortifié de la Garde-Guérin surplombe la vallée du Chassezac (toujours lui !). Entre Villefort et La Bastide-Puylaurent, la D 906 est un régal, sauf en arrivant sur La Bastide où le revêtement est un peu fripé. Vous pouvez vous aussi faire halte dans ce village pour vous restaurer, tout en sachant que les principaux restaurants du village, en bord de route, sont purement est simplement complets en pleine saison ! Robert Louis Stevenson, l’auteur de l’Île au trésor, y est passé lors de son voyage avec son âne en 1878, avant de publier Voyage avec un âne dans les Cévennes l’année suivante.
Stevenson l’aurait probablement fait en moto si ces dernières avaient existé ! Les plus téméraires pourront pousser jusqu’à la Trappe de Notre-Dame des Neiges, abbaye de moines trappistes produisant du vin (et non, pas de bière…).
Lors de notre passage, la suite de la D 906 après La Bastide était en partie en réfection. Tant mieux, car la portion qui longe les gorges de l’Allier en arrivant sur Langogne, refaite, est simplement extraordinaire. La rivière qui serpente en contrebas sur la droite, avec ses nombreux rochers, donne irrésistiblement envie de se jeter dedans, surtout par fortes chaleurs. Sans la moto si possible ! Langogne permet de faire une halte reposante dans le dédale de petites rues. Le lac de Naussac, situé à trois kilomètres vaut lui aussi le détour, avec une plage près du village du même nom. Là encore, la création du barrage a englouti les ruines du vieux Naussac, quelque part sous les 10 kilomètres carrés de la retenue d’eau !
Langogne – Largentière
Il faut quitter Langogne par la N 88 (direction Le Puy-en-Velay) puis tourner sur la D 108 vers Lanarce pour longer l’Espezonnette. Si la route est globalement très bien revêtue, certains passages sont un peu plus mouvementés. A Lanarce prendre la très roulante N 102 direction Aubenas avant de bifurquer sur la droite quatre kilomètres plus loin sur la D 239, vers Valgorge et attaquer la partie la plus jouissive du parcours. Si, si ! La route monte jusqu’au Col du Pendu, situé à 1 435 m d’altitude, ce qui en fait l’une des routes les plus hautes de la région ! Dans la montée, les paysages sauvages sont bien plus typés « Causses », rapprochant plus ce territoire du Massif Central. On ne se lasse pas de se perdre dans ces solitudes… Large jusqu’aux Chambons, la route s’étrécit ensuite en arrivant sur le Col de Meyrand (1 370 m) où la halte est purement impossible à éviter face à la majesté du lieu.
Par temps clair, ce sont les hauts sommets des Alpes, à plus de 200 km de là, qui sont visibles ! Vertigineux, le site est apprécié des amateurs de parapente… La descente sur Valgorge est l’une des routes les plus excitantes qu’il nous ait été donné d’emprunter ! Quinze kilomètres de virages à flanc de montagne, le plus souvent sans parapet (dangereux ça…), sur une route pas si large. Le genre de route où l’on ne croise pas un camping-car sans se tasser… Le genre de route où tout excès d’optimisme sera sévèrement puni. Mais le panorama, visible tout le long de la descente, vaut son pesant de cacahuètes ! Quel pied… La route est si impressionnante, que nous nous permettrons le luxe de la refaire le lendemain, en montée comme en descente.
Proportionnellement, la suite de la route entre Valgorge et Largentière est moins impressionnante, bien que tout aussi agréable à emprunter. Le revêtement allant de bon à franchement excellent permet de soigner la conduite d’un virage à l’autre le long de la rivière. Les plus curieux pourront s’arrêter au musée de la soie, juste avant l’entrée de la ville.
Largentière – Aubenas
Une halte à Largentière est bienvenue pour terminer la boucle. La ville paresse dans une boucle de rivière, entourée de massifs de châtaigniers. Eh oui, nous sommes revenus dans l’Ardèche Cévenole ! Pour mieux admirer la ville, nous vous conseillons de grimper les marches qui montent vers l’ancien tribunal (qui reprend la forme de la Maison Carrée de Nîmes, marquant ainsi la limite nord des Cévennes). Le centre du village, constellé de rues étroites sur lesquelles débordent les terrasses ne convient pas tellement à des véhicules, du moins en saison. Pour visiter la ville, il est conseillé de parquer votre monture… Ce tracé entre Cévennes et Monts d’Ardèche, peut être le point de départ de balades vers les Gorges de l’Ardèche, le Massif Central ou la Vallée du Rhône. Dans ce pays de cocagne où l’on reste volontiers à table, les routes empruntées sont également un régal, éveillant d’autres sens cette fois. Si cette boucle n’est qu’un exemple, les plus téméraires pourront, avec une bonne carte ou un bon road-book, partir à l’assaut des nombreux virages situés à l’intérieur de ce parcours.
Renseignements :
Office de tourisme de l’Ardèche
Office de tourisme du Pays des Vans, 04 75 37 24 48
Office de tourisme du Val de Ligne (Largentière), 04 75 89 33 30
Voir le road-book du parcours.
Par Simon Palatchi, texte et photos.


















Merci pour ce beau RB
Je vais m’en inspirer pour une des quelques virées prévues dans ce coin,
en plus nous devrions être sur Rocher, donc sur ce RB.
Dommage que la Trappe de Notre-Dame des Neiges, est abbaye de moines trappistes produisant du vin,
car nous sommes Belges amateurs de bières.(pour rire)
La Guêpe.
BJR
Tout d abord bravo pour votre site internet que je viens de découvrir vraiment par un pur hasard, et je me permet de faire une petite remarque.
Pourquoi avec les balades a faire il n y a pas la carte de la région visite peut être informatiquement est ce possible je suis complètement a la ramasse sur ce sujet .
Merci et bonne route a tous
@ Bruno Behier : Bonjour et merci pour vos compliments. Concernant la carte, cela ne correspond peut-être pas à votre attente, mais il y a en lien le road-book du circuit parcouru lors de nos sujets évasion en bas de l’article et donc une carte. Peut-être devrions-nous plutôt incorporer ce road-book dans une fenêtre intégrée ? Nous allons travailler sur la question !
N’hésitez pas à nous suivre et continuez à nous lire !
Cordialement,
Simon Palatchi